En administration systèmes et réseaux, on finit progressivement par se constituer sa propre boîte à outils. Certains logiciels restent parce qu’ils sont efficaces, d’autres parce qu’on les connaît parfaitement, et quelques-uns finissent par devenir difficiles à remplacer.

Entre l’administration de mes serveurs, mon homelab, que ce soit ma prod comme les labs de test, la documentation, la supervision et les différents projets que je mène, voici les principaux outils qui composent aujourd’hui ma stack technique.

Obsidian - ma base de connaissances

Obsidian occupe une place importante dans mon organisation.

Je l'utilise principalement pour conserver mes notes techniques et mes procédures : installations, configurations, captures d'écran, commandes utiles, ainsi que des informations que je veux pouvoir retrouver plus tard.

Le format Markdown est l'un de ses principaux avantages. Mes données restent constituées de fichiers relativement simples, facilement sauvegardables, transportables et exploitables en dehors d'Obsidian.

J'apprécie particulièrement cette approche parce qu'elle évite de dépendre entièrement d'une plateforme SaaS pour conserver ma documentation.

Au fil du temps, mon coffre Obsidian est devenu une véritable base de connaissances personnelle autour de mon infrastructure et des technologies que j'utilise.

MobaXterm - la console d'administration SSH polyvalente

Lorsque j'administre plusieurs machines Linux, aussi bien des machines virtuelles que des hyperviseurs, les sessions SSH se multiplient rapidement.

MobaXterm me permet de centraliser une bonne partie de ces accès dans une seule interface.

Je l'utilise principalement pour son terminal, car j'aime particulièrement son interface et la possibilité d'avoir des onglets pour de multiples sessions.
Il me permet ainsi de travailler simultanément sur plusieurs équipements.

Bitvise SSH Client - simple, efficace pour SSH/SFTP

J'utilise également Bitvise SSH Client, notamment lorsque je recherche quelque chose de plus spécialisé autour du SSH.

Son intégration d'un terminal SSH et d'un client SFTP dans la même interface est particulièrement pratique pour intervenir sur un serveur tout en transférant ou modifiant des fichiers.

MobaXterm et Bitvise peuvent sembler redondants, mais je ne les utilise pas nécessairement de la même manière, l'un me sert davantage de console, tandis que l'autre est très pratique pour des interventions SSH/SFTP ciblées.

PowerShell - indispensable côté Windows

Dès que je travaille avec Windows, PowerShell fait naturellement partie de mes outils.

Je l'utilise aussi bien pour des petites commandes d'administration que pour automatiser des tâches plus répétitives.

C'est ce que j'apprécie dans l'administration système : identifier une tâche manuelle récurrente, comprendre son fonctionnement et chercher comment l'automatiser.

PowerShell m'a notamment permis de travailler sur l'automatisation de configurations Windows dans un contexte professionnel.

Proxmox VE - le socle de mon infrastructure

Une grande partie pour ne pas dire la totalité de mon infrastructure repose aujourd'hui sur Proxmox VE.

Mes différents serveurs et mini-PC me permettent d'héberger mes machines virtuelles et des conteneurs LXC répartis sur plusieurs sites.

Proxmox est devenu pour moi bien plus qu'un simple hyperviseur de laboratoire : il constitue le socle d'une véritable infrastructure personnelle sur laquelle tournent des services utilisés quotidiennement.

C'est aussi un excellent environnement pour expérimenter : migration de VM, stockage, réseau, haute disponibilité, sauvegarde ou simplement création rapide d'un environnement de test.

Docker - déployer rapidement des services

Docker est devenu un incontournable, et je l'utilise pour déployer de nombreux services auto-hébergés tout en conservant une séparation claire entre les différentes applications.

Associé à Docker Compose, il permet également de documenter relativement facilement la configuration d'un service et de pouvoir le redéployer rapidement.

Je préfère cependant garder une approche pragmatique : tout n'a pas besoin d'être conteneurisé. Selon le service et son rôle, une VM ou un conteneur LXC peut être parfois plus pertinent.

Traefik & Nginx - exposer proprement mes services

Pour gérer l'accès à mes applications web, j'utilise Nginx Reverse Proxy, et depuis peu Traefik comme reverse proxy.

Ils me permettent de centraliser une partie importante de l'exposition de mes services : routage HTTP/HTTPS, certificats TLS, et redirection vers les différentes applications hébergées.

L'intégration de Traefik dans Docker est particulièrement intéressante, puisqu'une partie de la configuration peut directement accompagner les conteneurs concernés.

Gitlab & Gitea - garder mes configurations sous contrôle

Dès qu'un projet commence à contenir des scripts, des fichiers Docker Compose ou des configurations importantes, Git devient rapidement indispensable.

J'utilise notamment Gitlab et Gitea pour héberger mes dépôts, même si je commence à migrer sur Gitea pour son côté minimaliste et peu consommateur.

Même pour de l'administration système, le versioning apporte énormément : historique des modifications, possibilité de revenir en arrière, documentation des changements et déploiement plus reproductible.

Ce ne sont pas uniquement des outils de développeur, ils trouvent parfaitement leur place dans une infrastructure systèmes et réseaux.

PfSense, VyOS et Fortigate - le réseau comme terrain d'expérimentation

Une partie importante de mon homelab est consacrée au réseau.

PfSense assure actuellement une partie du routage de mes environnements de production.

VyOS est notamment utilisé pour des besoins de routage plus spécifiques autour de mon infrastructure aux multiples adresses IP publiques.

Je dispose également de deux Fortigate 60F dans des environnements de laboratoire isolés afin d'approfondir l'écosystème Fortinet sans risquer d'impacter la production.

C'est l'un des principaux intérêts de mon homelab : pouvoir comparer plusieurs approches et comprendre leurs différences autrement qu'en lisant simplement leur documentation (on apprend par la pratique).

Centreon, Grafana et Prometheus - savoir ce qui se passe

Une infrastructure sans supervision finit tôt ou tard par réserver quelques surprises.

J'utilise donc plusieurs outils autour de la supervision et de l'observabilité.

J'ai eu l'occasion de mettre en place et d'utiliser Centreon dans le cadre professionnel. Il permet d'avoir une approche traditionnelle de la supervision des équipements et services.

Prometheus et Grafana permettent de travailler davantage autour des métriques, de leur collecte et de leur visualisation.

Selon les besoins, j'utilise également SNMP et d'autres briques permettant de récupérer les informations de mes serveurs et équipements.

L'objectif reste toujours le même : détecter un problème avant qu'il ne devienne réellement gênant et disposer de suffisamment d'historique pour comprendre ce qui s'est passé.

Proxmox Backup Server et Veeam - une sauvegarde ne sert que si elle est restaurable

Pour la sauvegarde d'environnements virtualisés, j'utilise principalement Proxmox Backup Server dans mon infrastructure personnelle et Veeam Backup & Replication dans d'autres contextes.

PBS s'intègre particulièrement bien à Proxmox VE et permet de gérer efficacement les sauvegardes de mes VM ainsi que des conteneurs LXC.

Veeam reste de son côté une solution que j'apprécie pour son approche très complète de la sauvegarde et surtout de la restauration.

Dans les deux cas, je considère surtout qu'une sauvegarde n'a de valeur que si sa restauration a été pensée et testée.

Synology - le stockage derrière l'infrastructure

Mes NAS Synology jouent également un rôle important dans mon infrastructure.

Ils ne servent pas uniquement au stockage de fichiers : ils participent notamment à ma stratégie de sauvegarde et à la redondance géographique entre mes différents sites.

Cela permet de combiner stockage local, restauration rapide et duplication des données sur plusieurs emplacements.

Nextcloud - garder la maîtrise de mes données

J’utilise également Nextcloud pour une partie de mon stockage et de mes usages personnels.

C’est un bon exemple de ce que je recherche souvent dans mon homelab : remplacer, lorsque cela a du sens, un service externe par une solution que je peux héberger, administrer, sauvegarder et comprendre moi-même.

L’objectif n’est pas de tout auto-héberger à n’importe quel prix, mais de conserver cette possibilité lorsqu’elle apporte un véritable intérêt.

Une stack qui évolue en permanence

Cette liste n'est évidemment pas figée et elle n'est pas complète car sinon l'article serait beaucoup plus conséquent.

Certains outils disparaissent, d’autres les remplacent et mon homelab me permet justement de tester de nouvelles solutions avant de décider si elles méritent réellement une place dans mon infrastructure.

Je ne cherche pas nécessairement à utiliser le plus grand nombre de technologies possible. Je préfère comprendre les outils que j’utilise, savoir pourquoi ils sont là et être capable de les administrer correctement.

C’est probablement ce que j’apprécie le plus dans les systèmes et les réseaux : il y a toujours une nouvelle architecture à tester, un problème à comprendre ou une infrastructure à améliorer.